Fabriquer ses propres cartes de jeu : bricolage, impression et le chemin vers son propre jeu de cartes
Ça a commencé un après-midi pluvieux avec des fiches cartonnées. Aujourd'hui, on a une plastifieuse, un arrondisseur d'angles et trois jeux inventés par nous. Je ne regrette rien.
Comment tout a commencé
C'était un samedi après-midi de février, pluie incessante dehors, et Leni est sortie du bureau avec un paquet de fiches cartonnées vierges. « Maman, on peut inventer un jeu ? »
J'ai dit oui parce que je pensais qu'on dessinerait sur des cartes pendant dix minutes et ce serait tout. Trois heures plus tard, on avait 24 cartes Memory étalées sur la table de la cuisine et Theo avait du feutre sur le visage.
C'était il y a deux mois. On possède maintenant une plastifieuse.
La première génération : fiches cartonnées et crayons de couleur
Notre premier jeu fait maison était un Memory. Leni (6 ans) a dessiné les motifs, Theo (4 ans) a « peint » les cartes (interprétation généreuse). On a simplement pris des fiches A7 au rayon papeterie, celles qu'on trouve pour moins de deux euros.
Les règles : dessiner chaque motif deux fois. Faire en sorte qu'ils se ressemblent le plus possible. Ce dernier point était plus une suggestion qu'une règle pour Theo. Ses deux « chats » ressemblaient à un chat et un buisson. On a joué quand même, et honnêtement, c'était exactement ça le but. Personne ne savait si la carte était censée représenter un chien ou une voiture, et tout le monde a ri.
Ce qui m'a surprise : les enfants étaient complètement absorbés. Pas seulement pendant le bricolage, mais aussi pendant le jeu. Leni a immédiatement voulu une deuxième partie, puis une troisième. Le jeu était le sien. C'est elle qui l'avait fabriqué.
(Si vous avez aussi des enfants qui disent « J'ai pas envie de jouer » quand on propose un jeu acheté en magasin, mais qui ne disent jamais ça quand c'est eux qui l'ont fabriqué : bienvenue au club.)
Memory photo (le favori indétrônable)
Après le succès des fiches cartonnées, l'étape suivante était logique : les photos. Dans un moment de calme, j'ai imprimé 12 photos de famille, chacune en double. Vacances, animaux, mamie et papi, le bonhomme de neige de la maternelle de l'hiver dernier. Sur du papier 160 g/m², parce que le papier d'imprimante classique a la texture d'un mouchoir humide quand on l'utilise comme carte à jouer.
Leni adore ce Memory plus que n'importe quel jeu du commerce. Quand elle retourne la carte avec la photo de notre chat Moritz, elle rit à chaque fois. Chaque. Fois.
Pour Theo, j'ai fait une version plus simple : seulement 5 paires, toutes posées face visible, il doit trouver les paires et les assembler. Pas de mémorisation, juste de l'association. Ça marche étonnamment bien comme initiation.
On a maintenant trois sets de Memory photo. Un avec des photos de famille, un avec des animaux du zoo, un avec « les choses dans notre maison » (l'idée de Theo, étonnamment drôle, comprend entre autres « le tiroir cassé » et « la machine à café de papa »).
L'équipement (ou : comment dépenser 80 euros pour des cartes)
Après le cinquième set de Memory sur papier 160 g/m² qui avait les coins cornés au bout de deux semaines, j'ai cédé et acheté du matériel. Jonas s'est moqué de moi (« Pour des cartes d'enfants ? »). Jonas a depuis fabriqué lui-même un jeu de familles.
Ce qu'on a acheté :
Plastifieuse (Olympia A 230 Plus Set, env. 35 euros) : Livrée en coffret avec une règle de découpe et un arrondisseur d'angles. Les pochettes de 125 microns sont assez épaisses pour que les cartes aient vraiment la sensation de vraies cartes à jouer. Mon conseil : toujours plastifier d'abord, découper ensuite. Pas l'inverse. (J'ai essayé dans l'autre sens. Les pochettes collent ensemble et on recommence à zéro.)
Massicot rotatif (Dahle 507, env. 25 euros) : Ça semble excessif pour des cartes à jouer, mais quand on veut couper 48 cartes bien droites, on perd la raison avec des ciseaux et une règle. Le Dahle coupe au millimètre près et Theo s'amuse même avec (sous surveillance).
Arrondisseur d'angles (Sunstar Kadomaru Pro, env. 18 euros) : Arrondit les coins comme les cartes achetées en magasin. Ça semble être du luxe. C'est du luxe. Mais les cartes sont tellement belles après que Leni dit « Elles sont comme des vraies ! » et rien que pour ça, ça valait le coup.
Coût total : environ 80 euros. Plus les pochettes de plastification, qui coûtent environ 8 euros les 100. Oui, j'ai commencé un tableau. Oui, c'est un peu beaucoup pour des jeux d'enfants faits maison. Non, je ne regrette rien.
Les conseils que j'aurais aimé connaître avant
Quelques trucs que j'ai appris en tâtonnant (et en passant des heures sur des forums comme unknowns.de) :
Papier : 160 à 200 g/m². Moins, c'est trop fin, plus et l'imprimante ne suit souvent pas. 160 g/m² fonctionne parfaitement si on plastifie. Sans plastification, optez pour 200 g/m².
Papier couché pour imprimantes jet d'encre. Sur du papier normal, l'encre bave et les couleurs sont ternes. Le papier couché (marqué « coated » ou « papier jet d'encre ») sèche vite et les couleurs sont éclatantes.
Paramètre d'impression sur « Meilleure qualité ». Ça paraît évident, mais je l'ai quand même oublié la première fois. La différence est énorme.
Astuce budget pour les prototypes : Imprimer la carte sur du papier fin, la glisser dans une pochette de protection avec une vieille carte à jouer en renfort. Ne coûte presque rien mais donne la sensation d'une vraie carte. Les pochettes à quelques centimes (à partir de 2 euros les 100) suffisent largement.
Pour la plastification : laisser des marges. Au moins 5 mm de marge autour de la carte, sinon la pochette se décolle sur les bords et l'humidité s'infiltre. Appris à mes dépens.
Pochettes mates plutôt que brillantes. Moins de reflets, les cartes ne glissent pas sur la table et elles ont un aspect plus professionnel.
Ce qu'on a encore essayé
Jeu de familles avec nos propres dessins d'animaux : 32 cartes, 8 groupes d'animaux, Leni a dessiné tous les animaux elle-même. On a défini ensemble les catégories de chaque carte (taille, vitesse, « facteur câlin »). La catégorie préférée de Theo : « C'est fort comment, l'animal ? » (Spoiler : le lion gagne toujours.)
Super atout avec les membres de la famille : L'idée de Jonas. Chaque membre de la famille en carte d'atout avec des catégories comme « pointure », « nombre de boules de glace mangées d'affilée », « combien de temps peut-il/elle rester assis(e) sans bouger ? ». Theo a le score le plus élevé pour « C'est fort comment ? ». Il en est fier.
Jeux print-and-play sur Internet : Il existe une immense communauté qui partage des jeux prêts à imprimer. Asmodee propose des versions print-and-play officielles de Concept Kids, Dobble et d'autres (gratuites, aussi en allemand). Et sur PnP Paradise, on peut parcourir des centaines de jeux. Pour nous, c'était une mine d'or les week-ends pluvieux.
Let's Fib à imprimer : En parlant de print-and-play : Let's Fib a son propre mode print-and-play où on peut générer et imprimer des cartes. Le jeu d'ambiance qu'on joue d'habitude sur le téléphone (mélanger une vérité avec des mensonges, les autres doivent deviner, 1 à 20+ joueurs) existe donc aussi en version cartes pour la table. Leni sait maintenant assez bien lire pour y jouer, et on s'est tout de suite plastifié un set. Ça colle parfaitement au thème, et pour une fois on n'a pas besoin de téléphone.
Canva pour l'étape suivante : Si vous voulez passer du dessin à la main aux cartes imprimées, vous pouvez concevoir des cartes à jouer avec Canva (gratuit). Il y a des modèles au format poker (63,5 x 88 mm) dans lesquels on peut ajouter ses propres images et textes. J'ai utilisé ça pour faire un cadeau d'anniversaire pour l'amie de Leni : un Memory personnalisé avec des photos de leurs aventures ensemble. La maman de l'amie a demandé où on pouvait l'acheter. (Ça n'a pas de prix.)
Est-ce que ça vaut le coup ?
Si je suis honnête : les cartes faites maison ne sont pas aussi jolies que celles du commerce. Les dessins de Theo sont charmants, mais pas symétriques. La plastification a parfois des bulles d'air. Et quelques cartes ont la mauvaise marge.
Mais ce n'est pas la question.
La question, c'est que Leni demande maintenant « On peut inventer un jeu ? » au lieu de « On peut regarder la télé ? ». Que Theo a ses cartes dessinées à la main sous son oreiller le soir (il a choisi sa paire de Memory préférée : le chat Moritz, en double). Que Jonas et moi, on s'assoit à table le soir pour concevoir un jeu de familles sur notre quartier pendant que les enfants dorment.
Le bricolage est devenu chez nous au moins autant une soirée jeux que le jeu lui-même. Et oui, 80 euros de matériel, ça semble beaucoup. Mais on a fabriqué six jeux avec, qui sont tous joués régulièrement. Essayez de faire ça avec un jeu acheté qui prend la poussière sur l'étagère après la deuxième partie. Pour des jeux en famille sans préparation, c'est par là. Et pour organiser votre prochaine soirée jeux, vous trouverez des idées.
(Et si quelqu'un cherche une recommandation de plastifieuse : le coffret Olympia est vraiment bien pour débuter. Pas parfait, mais suffisant. Et les enfants adorent glisser les cartes dedans et regarder comment elles ressortent brillantes. Theo l'appelle « la machine à cartes ».)